Le regroupement des prières

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Le principe est que la Prière est une obligation dont le temps légal est déterminé par la législation musulmane : « La Prière demeure, pour les croyants, une prescription à des temps déterminé » (4 :103). Par ailleurs, la Sunna a déterminé un temps légal pour chaque Prière. En aucun cas, il serait permis de l’accomplir avant ce temps, de même qu’il est interdit de la retarder sauf pour une raison valable, et quiconque la retarde par négligence est coupable de péché.

Mais la souplesse et le réalisme qui caractérisent l’islam ont fait que cette religion a tenu compte des circonstances atténuantes et exceptionnelles en permettant de regrouper respectivement la Prière du dhohr avec celle du ‘asr et la Prière du maghreb avec celle du ‘icha, par avancement ou par retardement, dans certains cas tels que le voyage comme l’établit la Sunna ou à cause de forte pluie ou d’intempérie comme la neige, car cela causerait énormément de gêne et de difficulté si la Prière était célébrée à la mosquée en son temps légal.

Par ailleurs, les hanbalites permettent le regroupement des Prières en cas de besoin en dehors du voyage ou de la pluie conformément au hadith d’Ibn ‘Abbas, que Dieu l’agrée qui dit : « Le Messager de Dieu, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, a regroupé la Prière du « dhohr » avec celle du « ‘asr », et la Prière du « maghrib » avec celle du « ‘icha » sans raison de peur ou de pluie. On demanda à Ibn ‘Abbas : Quel était son but ? Il répondit : « Il ne voulait pas gêner sa communauté » (rapporté par Mouslim).

Dans une autre version : « Le Messager de Dieu, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, a regroupé les Prières du dhohr et du ‘asr, et les Prières du maghrib et du ‘icha sans raison de peur ou de voyage » (rapporté par Mouslim)

‘Abdoullah ibn Chaqiq dit : « Ibn ‘Abbas nous fit un discours un jour après  la prière du ‘asr jusqu’au coucher du soleil. Les étoiles commençaient à pointer. Les gens se mirent à dire : « La Prière ! La Prière ! » Un homme de Banou Tamim vint à lui en disant avec audace: « La Prière ! La Prière ! » Ibn ‘Abbas dit alors : « Vas-tu m’apprendre la Sunna ! j’ai vu le Messager de Dieu, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, regrouper la Prière du dhohr avec celle du ‘sar, et la Prière du maghrib avec celle du ‘icha » ‘Abdoullah ibn Chaqiq dit : « Cela a suscité en moi un doute, je posa alors la question à Abou Hourayra qui confirma ses propos » (rapporté par Mouslim)

Ainsi, les hadiths sont explicites quant à la légitimité du regroupement en cas de besoin. Ibn Hajar dit : « Un certain nombre d’imams ont pris en considération la signification littérale de ce hadith. Ils permirent d’une manière générale le regroupement des Prières pour le sédentaire, à condition de ne pas en faire une habitude. Ceci est l’avis d’ibn Sirin, Rabi’a, Ash-hab, Ibn al-Moundhir, al-Qaffal al-Kabir. Al-Khattabi l’a relaté d’après un groupe de traditionnistes (gens du hadith) » (Ibn Hajar dans « feth al-bari »)

Par conséquent, le regroupement des Prières est permis en Europe par nécessité de travail ou d’études. Il est permis de regrouper les Prières du maghrib et du ‘icha, par avancement, en été, à cause de l’heure tardive de la Prière du ‘icha. En effet, il est difficile pour les musulmans de l’attendre, notamment pour ceux qui travaillent très tôt le matin.

De même, il est permis de regrouper par avancement les Prières du dhohr et du ‘asr en hiver à cause de la brièveté des journées, du rapprochement des heures des Prières et de la difficulté que rencontrent les travailleurs et les étudiants à accomplir les Prières à l’heure sans éprouver de gêne ou de peine, or la législation est venue pour les lever.

Lors de sa 3ème session, dans la fatwa n°4, le Conseil Européen de la Fatwa a conclu ce qui suit : « Le Conseil est parvenu à l’autorisation de regrouper la Prière du « maghrib » avec celle du « ‘icha » en Europe, pendant l’été, à cause de l’heure tardive de la Prière du « ‘icha » allant jusqu’à minuit ou à cause de la disparition des signes permettant de déterminer son temps légal, dans le but d’éviter les situations de gêne que les textes coraniques sont venus lever, et conformément au hadith rapporté par Mouslim dans lequel Ibn ‘Abbas dit que le Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, a regroupé la Prière du « dhohr » avec celle du « ‘asr », et la Prière du « maghrib » avec celle du « ‘icha » sans raison de peur ou de pluie. On demanda à Ibn ‘Abbas : Quel était son but ? Il répondit : « Il ne voulait pas gêner sa communauté ».

Il est également permis de regrouper  la Prière du « dhohr » avec celle du « ‘asr » dans ces pays, en hiver, à cause de la brièveté des jours et la difficulté, pour les travailleurs (ou étudiants), d’accomplir les Prières à l’heure sans éprouver de gêne ou de peine.

Cependant, le Conseil attire l’attention sur le fait que le musulman ne doit pas recourir au regroupement des Prières sans besoin et ne doit pas en faire une habitude. »

Il convient de préciser qu’en faire une habitude correspond ici au fait de regrouper les Prières sans raison valable.

Moncef Zenati

Source: Havre de savoir

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